Un autre regard sur Dharavi

A Mumbai (Bombay), nous sommes parties à la découverte du plus grand «slum» d'Asie. Loin des clichés et des idées reçues, Dharavi est une ville dans la ville où vivent, mais aussi travaillent plus de 100 000 familles.

dharavi1A peine un pied hors de la voiture que déjà un premier constat : pas de voyeurisme dans cette visite. Dharavi est comme une ruche, une troisième Mumbai, celle des migrants venus de toutes les régions de l'Inde. Ici tout le monde travaille et ma guide confirme : l'activité économique de Dharavi génère plus de 500 millions d'euros par an !

80 % des habitants travaillent dans le bidonville grâce à de micro-entreprises.
D'une ruelle étroite à l'autre, je me faufile entre d'énormes sacs de déchets plastiques et des petits cabanons regorgeant de cartons et de journaux. Et pour moi, une prise de conscience : tout ce qui se recycle passe par Dharavi.

Comme dans une fourmilière, les hommes transportent, trient, lavent, pèsent ce que d'autres ont récupéré à travers toute la ville. Une chaîne humaine qui a construit sa propre économie sur un tas de déchets et qui rêve d'un avenir meilleur pour ses enfants. Des enfants qui vont à l'école, le costume fraichement lavé et les nattes impeccablement brossées.

dharavi2Ici on y travaille mais on y vit aussi. Toutes les communautés se côtoient avec ses rites et ses traditions rurales.

Les femmes ont gardé les saris de leurs villages d'origines et font leurs courses dans les minuscules échoppes qui regorgent d'épices odorantes et colorées.

Elles s'occupent du foyer, préparent les repas devant leur cabanon, vont chercher de l'eau pour la famille.

Quelques-unes se rendent à la coopérative de papads entièrement tenue par des femmes. Les hommes sont partis tôt le matin travailler à la refonte des plastiques, à la transformation des canettes et des bidons, à l'alimentation des fours où cuisent des poteries.

Il travaillent le cuir et cousent des vêtements qui seront revendus à travers le monde jusque dans les boutiques chics des grandes avenues. Et comme le recyclage n'a pas de fin, les restes de tissus serviront à entretenir le feu des potiers.

Il y a deux heures, quand je débutais cette visite, je n'aurai jamais imaginé découvrir toutes ces activités et ces richesses créées sur place, par les habitants de Dharavi.

Un monde à part, souvent ignoré, et pourtant incontournable lors d'un passage à Mumbai.

« La visite du bidonville, entre autres, nous a fait voir le made in india sous un autre jour et nous a révélé un caractère ingénieux, courageux et volontaire »
Tina, visite de Dharavi, Octobre 2012

Pour aller plus loin...

RFI - Les enjeux du recyclage à Dharavi (26:31)